Pêcher en Meuse : la carte, les règles et les bons coins du fleuve
Carte de pêche, catégories, tailles plus strictes qu’ailleurs, carpe de nuit, parcours de la fédération : ce qu’il faut savoir pour pêcher en Meuse le temps d’un séjour.

La Meuse ne se presse pas. Entre Commercy et Stenay, elle serpente dans une large vallée de prairies, se divise en bras, laisse derrière elle des noues, ces anciens méandres où le brochet vient frayer. À côté d’elle court le canal, et autour d’elle des dizaines d’étangs et de rivières à truites. Pour un pêcheur de passage, c’est un terrain immense. Encore faut-il savoir quelle carte prendre et quelles règles suivre, car la Meuse a les siennes, plus strictes que la moyenne.
La carte de pêche : obligatoire et vite prise
Le Code de l’environnement (article L436-1) est clair : pour pêcher, il faut être membre d’une association agréée de pêche et de protection du milieu aquatique (une AAPPMA), avoir payé sa cotisation et la redevance pour les milieux aquatiques. La carte de pêche prouve tout cela à la fois. Deux exceptions seulement : les eaux closes, comme certains étangs privés, et la journée nationale de promotion de la pêche, le premier dimanche de juin, où l’on pêche sans carte dans le cadre des animations des fédérations.
La carte s’achète en ligne, sur le site national des cartes de pêche, ou chez un dépositaire. En Meuse, 44 associations se partagent les lots. Pour un séjour, trois cartes suffisent à presque tous les cas :
| Carte | Pour qui | À savoir en Meuse |
|---|---|---|
| Journalière | Une journée d’essai | Valable sur les lots de l’association qui la vend |
| Hebdomadaire | Sept jours consécutifs | Prise dans une association adhérente, elle ouvre aussi les lots de l’union réciprocitaire du Nord-Est |
| Découverte moins de 12 ans | Les enfants, une ligne | Valable sur toutes les associations du département |
Gardez la carte sur vous. Pêcher sans carte est une contravention de troisième classe, jusqu’à 450 € d’amende ; l’avoir oubliée à la maison, une contravention de première classe, jusqu’à 38 € (Code de l’environnement, R436-3 ; Code pénal, 131-13). Les tarifs changent chaque année : consultez la fédération départementale de pêche, installée à Nixéville-Blercourt, près de Verdun.
Première ou deuxième catégorie ?
La loi range les eaux en deux catégories. La première réunit les eaux à truites ; la seconde, toutes les autres. La Meuse elle-même est en deuxième catégorie sur tout le département. Les rivières à truites sont ailleurs : la Saulx, que la fédération présente comme la rivière à truite par excellence, l’Ornain, la Chée, la Cousance ou l’Aire en amont.
Ce classement change tout : les dates, le nombre de lignes, les espèces.
Quand pêcher
| Eaux | Ouverture | Exceptions |
|---|---|---|
| 1re catégorie | Du 2e samedi de mars au 3e dimanche de septembre | Ombre à partir du 3e samedi de mai ; brochet remis à l’eau jusqu’à la veille du dernier samedi d’avril |
| 2e catégorie | Toute l’année | Brochet fermé de fin janvier au dernier samedi d’avril ; en Meuse, sandre fermé de fin janvier au dernier samedi de mai |
Ce sont les règles des articles R436-6 et R436-7 du Code de l’environnement, complétées par le règlement permanent du préfet de la Meuse, qui ajoute la fermeture du sandre. Pendant la fermeture du brochet, la pêche au vif, au poisson mort et aux leurres est interdite en deuxième catégorie : elle prendrait des brochets.
Côté horaires, on pêche d’une demi-heure avant le lever du soleil à une demi-heure après son coucher (R436-13). La nuit est réservée à la carpe, sur des parcours désignés.
Les tailles et les quotas : la Meuse plus stricte
Le Code fixe des tailles minimales nationales, et permet au préfet de les relever (R436-18 et R436-19). Le préfet de la Meuse l’a fait :
| Espèce | Taille minimale en Meuse | Minimum national |
|---|---|---|
| Brochet | 60 cm | 50 cm |
| Sandre | 50 cm | 40 cm |
| Truite fario | 30 cm | 23 cm |
| Ombre commun | 35 cm | 30 cm |
| Black-bass | Remise à l’eau obligatoire | 30 cm |
Le poisson se mesure du bout du museau à l’extrémité de la queue déployée. En deuxième catégorie, on garde au plus trois carnassiers par jour, dont deux brochets (R436-21) ; en première catégorie, trois truites fario par jour en Meuse.
On pêche avec quatre lignes au plus en deuxième catégorie, une ou deux en première selon les eaux, montées sur canne et gardées près de soi (R436-23). Près des barrages et des écluses, la pêche est interdite depuis l’ouvrage, et réduite à une ligne, sans bateau, sur les 50 mètres en aval.

Photo : Ketounette, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
La carpe de nuit
Le Code permet au préfet d’autoriser la pêche de la carpe à toute heure (R436-14). En Meuse, elle est ouverte du 1er avril au 14 octobre, sur des parcours désignés, tenus par une quinzaine d’associations et par la fédération : la Meuse sauvage en aval de Verdun, des secteurs près de Saint-Mihiel, de Commercy ou de Stenay, plusieurs étangs. Les appâts d’origine animale y sont interdits, et l’on ne reste pas plus de quinze jours de suite au même endroit.
Le saviez-vous ? La nuit, aucune carpe ne peut être gardée en bourriche ni transportée (R436-14). Et une carpe de plus de 60 cm ne se transporte jamais vivante : pour un pêcheur amateur, l’amende peut atteindre 22 500 € (L436-16).
Où pêcher : quelques adresses sûres
- La Meuse autour de Verdun et en aval, vers Dun et Stenay : gardons, carpes, sandres et brochets, avec de beaux brochets près des déversoirs et des barrages.
- Les ballastières du Val de Meuse, à Ancemont, une dizaine de kilomètres au sud de Verdun : deux plans d’eau d’une dizaine d’hectares gérés par la fédération, labellisés « Passion », où brochet, sandre, black-bass et carpe sont remis à l’eau. Il faut la carte interfédérale, ou une carte qui donne la réciprocité.
- La Meuse à Pont-sur-Meuse et Lérouville, près de Commercy : un parcours labellisé, avec un secteur pour le float-tube et deux postes accessibles aux personnes à mobilité réduite.
- Les ballastières de Damvillers, au nord de Verdun : un parcours « Famille » pour la pêche au coup, idéal avec des enfants.
- L’étang de Perroi, à Herméville-en-Woëvre : trente hectares classés espace naturel sensible, pêche du brochet en barque, sur réservation, toujours en remise à l’eau.
- Le lac de Madine, avec sa propre association, sa carte, ses zones d’été et d’hiver.
Le bon geste
Remettre un poisson à l’eau tout de suite est toujours permis. En revanche, il est interdit d’introduire une espèce qui n’est pas présente dans un cours d’eau, et ce délit est puni de 9 000 € d’amende (L432-10). Les espèces exotiques envahissantes, comme la perche soleil ou les écrevisses américaines, ne se transportent pas vivantes et ne se relâchent pas. Avant de partir, lisez le règlement de l’association qui gère votre lot : il peut ajouter ses propres règles.
Et si la pêche ne mord pas, la vallée reste belle : remontez la Meuse vers Saint-Mihiel et Hattonchâtel, ou goûtez les dragées de Verdun au retour.