Itinéraires et séjours · Itinéraire d’une journée
Metz en une journée à pied, de la cathédrale au Centre Pompidou
Une journée à pied dans Metz, de la cathédrale de lumière aux remparts de la Seille, puis du quartier impérial jusqu’au Centre Pompidou-Metz.

- Cathédrale Saint-Étienne
- Place Saint-Louis
- Porte des Allemands
- Temple Neuf
- Gare de Metz
- Centre Pompidou-Metz
Metz se visite à pied, et en une journée on y traverse deux mille ans d’histoire sans jamais prendre le bus. La ville a été gallo-romaine, épiscopale, république marchande, place forte française, puis ville allemande de 1871 à 1918. Chacune de ces vies a laissé un quartier. Ce trajet les enchaîne dans l’ordre du temps : le Moyen Âge le matin, la ville impériale et l’architecture d’aujourd’hui l’après-midi.
Le programme en un coup d’œil
| Moment | Étape | Temps sur place |
|---|---|---|
| 9 h 30 | Cathédrale Saint-Étienne | 1 h |
| 10 h 45 | Place Saint-Louis | 30 min |
| 11 h 30 | Porte des Allemands | 30 min |
| 12 h 15 | Bords de Moselle, Temple Neuf | 30 min |
| 13 h | Déjeuner | 1 h 30 |
| 14 h 30 | Quartier impérial et gare | 1 h |
| 15 h 30 | Centre Pompidou-Metz | 2 h |
Heures indicatives. Les deux plus longs trajets, de la Porte des Allemands au Temple Neuf puis du Temple Neuf à la gare, demandent chacun un quart d’heure de marche environ.
Le matin : la ville médiévale
La cathédrale Saint-Étienne
Commencez par elle, tant qu’elle est calme. Bâtie à partir des années 1230 et consacrée en 1552, la cathédrale est faite de pierre de Jaumont, le calcaire jaune des carrières de la région, qui donne à Metz sa couleur. Sa voûte culmine à plus de 41 mètres : une des plus hautes de France.
Mais on vient surtout pour la lumière. Avec environ 6 500 m² de vitraux, la cathédrale a gagné le surnom de « lanterne du Bon Dieu ». Ses verrières résument trois âges d’or du vitrail :
- Le Moyen Âge : la grande rose de la façade ouest est l’œuvre d’Hermann de Münster, à la fin du XIVᵉ siècle.
- La Renaissance : la plus grande part des vitraux anciens vient de l’atelier de Valentin Bousch, au début du XVIᵉ siècle.
- Le XXᵉ siècle : Jacques Villon dans la chapelle du Saint-Sacrement en 1957, Bissière au-dessus des portes latérales, et Marc Chagall, dans le transept nord et le déambulatoire, avec des verrières inspirées de l’Ancien Testament, posées dans les années 1960.
Cherchez ensuite, dans la crypte, l’effigie du Graoully, le dragon que saint Clément, premier évêque de Metz, aurait chassé de la ville selon la légende. Dehors, levez les yeux vers la tour de la Mutte, haute de 88 mètres : elle porte la Mutte, la grosse cloche de la ville.
La place Saint-Louis
Descendez au sud vers la place Saint-Louis. Ses maisons du XIIIᵉ siècle reposent sur les fondations de l’ancien rempart romain ; au rez-de-chaussée, une soixantaine d’arcades forment une galerie couverte. Au XIVᵉ siècle, une soixantaine de changeurs, lombards pour la plupart, y tenaient boutique : la place était alors le plus grand marché de la ville. Regardez les parapets crénelés au sommet de certaines façades.
Son nom vient d’une méprise : une statue de Louis XIII, installée au XVIIᵉ siècle, fut prise pour celle de Saint Louis. La statue actuelle de Louis IX, à l’extrémité de la place, est l’œuvre de Charles Pêtre, en 1867.
La Porte des Allemands
Filez vers l’est jusqu’à la Seille. La Porte des Allemands est le plus grand vestige des remparts médiévaux de Metz, à la fois porte et pont sur la rivière. Elle est mentionnée dès 1267 ; vers 1445, on y ajoute un ouvrage fortifié flanqué de deux grosses tours. Son nom vient des chevaliers Teutoniques, dont l’hôpital fut détruit lors du siège de 1552.

Photo : Marc Ryckaert (MJJR), CC BY 3.0, via Wikimedia Commons.
Rachetée par la ville en 1900, classée monument historique en 1966, restaurée en 2013-2014, elle accueille aujourd’hui des expositions et des manifestations culturelles : renseignez-vous sur le programme auprès de l’office de tourisme.
Midi : le Temple Neuf et la Moselle
Retraversez le centre vers l’ouest jusqu’à la Moselle. Sur l’île du Petit-Saulcy, le Temple Neuf se mire dans l’eau, au bord de la place de la Comédie. Avec ses tours et son style néo-roman rhénan, on le croirait médiéval. Il date pourtant de 1901-1904 : dessiné par l’architecte municipal Conrad Wahn, il a été inauguré en présence de l’empereur Guillaume II. L’endroit s’appelait alors le « jardin d’Amour ».

Photo : Flocci Nivis, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Le centre ne manque pas de tables pour déjeuner. C’est l’occasion de goûter une vraie quiche lorraine, ou, à la fin de l’été, une tarte à la mirabelle, le fruit dont Metz a une variété à son nom.
L’après-midi : la ville allemande et le Centre Pompidou
Le quartier impérial et la gare
Après l’annexion de 1871, l’empereur Guillaume II fait démanteler les remparts du sud de la ville en 1898. À leur place, à partir de 1902, les autorités allemandes bâtissent une ville nouvelle, la Neue Stadt, aujourd’hui appelée quartier impérial. Remontez l’avenue Foch : néo-roman, néo-Renaissance, Jugendstil, les façades composent un véritable catalogue d’architecture. Le dossier « Metz royale et impériale », qui l’englobe, figure sur la liste indicative française du patrimoine mondial.
Au bout, la gare affiche l’ambition de l’Empire. Inaugurée en 1908, dessinée par l’architecte berlinois Jürgen Kröger dans le même style néo-roman rhénan, elle s’étire sur plus de 300 mètres sous une tour d’horloge d’environ 40 mètres. Elle était aussi conçue pour l’armée : ses quais longs et larges devaient permettre d’embarquer jusqu’à 20 000 hommes en vingt-quatre heures.
Le Centre Pompidou-Metz
Passez derrière la gare : le Centre Pompidou-Metz est à quelques minutes. Ouvert en mai 2010, il a été conçu par les architectes Shigeru Ban et Jean de Gastines, avec Philip Gumuchdjian. Sa grande toiture blanche, inspirée d’un chapeau chinois, repose sur une charpente tressée en bois lamellé-collé couverte d’une membrane de fibre de verre. La flèche culmine à 77 mètres, clin d’œil à 1977, année d’ouverture du Centre Pompidou à Paris.
Le Centre présente des expositions temporaires, renouvelées plusieurs fois par an : consultez le programme avant de venir. Dans les galeries hautes, approchez-vous des grandes baies vitrées : les architectes y ont cadré des vues choisies sur la ville.
S’il pleut
L’itinéraire tient presque entier sous un toit. Prenez votre temps dans la cathédrale, où les vitraux restent beaux par ciel couvert, puis traversez la place Saint-Louis à l’abri des arcades. Gardez la Porte des Allemands et les bords de Moselle pour une éclaircie, et passez l’après-midi au Centre Pompidou-Metz.
Avec des enfants
Dans la crypte, le Graoully fait toujours son petit effet. À la Porte des Allemands, laissez-les compter les tours et chercher par où passait la Seille. Au Centre Pompidou-Metz, renseignez-vous sur les activités proposées aux familles.
Pour venir sans voiture, la gare TGV est au cœur de la ville : voir Visiter la Lorraine sans voiture. Et si vous avez un deuxième jour, la Voie bleue de Metz à Pont-à-Mousson part des bords de Moselle, et Nancy n’est qu’à quarante minutes de train : voir Nancy en une journée.